lundi 30 avril 2007

La voie est désormais dégagée pour le procès des Khmers rouges

Les juges internationaux du tribunal qui doit se pencher sur le génocide commis sous le régime des Khmers rouges (1975-79) au Cambodge ont estimé lundi que la voie était désormais dégagée pour l'ouverture effective du processus judiciaire après de nombreux retards.


Un enfant regarde les restes de quelque 2.000 personnes assassinées sous le régime des Khmers rouges, en septembre 1995

PHNOM PENH (AFP)
Dans une déclaration publiée à Phnom Penh, les juges internationaux ont pris connaissance "avec satisfaction" de la décision annoncée samedi par le barreau cambodgien d'instituer un droit d'enregistrement de 500 dollars pour tous les avocats étrangers intervenant devant le tribunal.Initialement, le barreau cambodgien avait exigé que ces frais s'élèvent à 4.900 dollars par an, ce qui avait entraîné une vive polémique et un bras de fer avec les juges internationaux, menaçant l'ensemble du processus.

Des contacts intensifs ont eu lieu ces derniers jours entre des responsables du barreau et des diplomates étrangers.

Les juges internationaux ont déclaré lundi avoir "bon espoir" que le montant réduit à 500 dollars pour la durée du procès "ne gênera en rien les avocats étrangers, particulièrement ceux qui interviendront gratuitement, dans leur inscription au barreau du Cambodge et leur participation à la tâche historique" du tribunal.

"Grâce à cette décision", ont estimé les juges internationaux, une Assemblée plénière de tous les magistrats (étrangers et cambodgiens) peut "maintenant être utilement convoquée" pour l'adoption du règlement intérieur du tribunal, ce qui permettra ensuite le début de l'instruction.

Cette Assemblée, initialement prévue fin avril, se tiendra "vraisemblablement" dans "la dernière semaine de mai", ont précisé les juges qui "forment le voeu que les Chambres Extraordinaires commencent leur activité sans plus tarder".

Depuis la prestation de serment des 29 juges étrangers et cambodgiens en juillet 2006, les discussions sur le fonctionnement interne du tribunal s'étaient enlisées.

Un accord avait été annoncé en mars sur le projet de règlement intérieur mais il restait suspendu à une issue positive sur les frais d'enregistrement des avocats étrangers désireux de participer au tribunal.De longs retards se sont déjà accumulés dans ce processus engagé il y a près d'une décennie, et le premier procès ne pourra avoir lieu avant début 2008 alors que la mi-2007 avait été évoquée, ont indiqué des responsables du tribunal.Près de deux millions de personnes sont mortes sous le régime des Khmers rouges qui, au nom d'une idéologie mêlant communisme et nationalisme, a fait régner la terreur au Cambodge.

Les cadres du régime de Pol Pot, lui-même décédé en 1998, sont de plus en plus âgés. Pour l'instant, seul un ancien responsable Khmer rouge est emprisonné.

AFP 30/04/2007

Reportage : l'étape phnompenhoise de la course cycliste Viêt-nam - Cambodge

Phnom Penh accueillait vendredi la neuvième étape d'une importante course cycliste réunissant des dizaines de coureurs entre la capitale cambodgienne et Hô-Chi-Minh Ville, au Viêt-nam.

De nombreux supporters locaux ont encouragé les cyclistes cambodgiens (Khem Sovannara)



Vendredi matin, les voies du centre-ville de Phnom Penh proches du monument de l’Indépendance et du jardin Hun Sen étaient fermées à la circulation. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes pour admirer une grande course cycliste, une première dans le pays. Le circuit dans Phnom Penh, 45 kilomètres parcourus en faisant plusieurs fois le tour du centre-ville, représentait la neuvième étape d’un tour cycliste s’étendant entre le Cambodge et le Viêt-nam, organisé par la chaîne viêtnamienne Hô-Chi-Minh Ville TV.



Ils sont 85 cyclistes de différentes nationalités (70 Viêtnamiens, 5 Cambodgiens, 5 Malaisiens et 5 Coréens) à participer à cette compétition qui se clôt aujourd’hui, après la 13e étape, à Hô-Chi-Minh Ville.Phnom Penh, de nombreux élèves en uniforme blanc se faisaient remarquer le long du parcours, le visage maquillé aux couleurs du Cambodge façon supporter, frappant des seaux en rythme en chantant : “Kampuchea! Kampuchea!” Keo Sovan Eng, 17 ans, est ravi que son lycée, le lycée Anuvort, ait autorisé les élèves à se rendre à la course cycliste, peut-être parce qu’un des jeunes participants cambodgiens est lui-même scolarisé dans cet établissement. “Cette course va aider à développer le cyclisme au Cambodge. J’espère qu’il y en aura d’autres!”, déclare-t-il. “J’aimerais que les Cambodgiens gagnent la course”, souffle Prum Sotharoth, un autre jeune spectateur placé à deux pas de la tribune officielle. Malheureusement, pas de Cambodgien à monter sur le podium à l’issue de cette étape, le vainqueur étant viêtnamien et ses deux suivants malaisiens.



S’agissant de la faiblesse des Cambodgiens, l’entraîneur Yim Sokhorn rappelle que ceux-ci participaient pour la première fois à une course de ce type. “A ce manque d’expérience s’ajoutent la qualité du matériel, les vélos des Cambodgiens pesant 11,5 kilos contre 5 kilos en moyenne pour les autres compétiteurs”, ajoute-t-il, rappelant que les cyclistes viêtnamiens sont eux des professionnels soutenus par des sponsors. Le coach assure tout de même que les Cambodgiens se sont néanmoins distingués au cours de la première étape entre Hô-Chi-Minh et Phan Thiet le 18 avril, et lors de celle entre Bavet et Phnom Penh. L’étape de vendredi ne leur a en revanche pas souri, à l’image de Meas Samnang, qui a terminé avec un pneu à plat. Le cycliste veut cependant retenir de cet événement “l’expérience, qui nous servira pour les prochaines compétitions internationales”. La course ne l’aura pas épargné, lui qui a chuté deux fois au sein du peloton, dont une fois lors d’un incident au cours duquel un gendarme a été gravement blessé alors qu’il veillait à dégager une charrette du milieu de la route.



A part cet incident, la compétition s’était jusqu’à ce week-end bien déroulée, et le secrétaire d’Etat au tourisme Thong Khon se frottait les mains, rappelant que “sport égal tourisme”. “Quand un événement sportif est organisé au cœur d’une capitale, cela donne une image attrayante du pays, qui touche directement les touristes potentiels”, explique-t-il. De plus, selon lui, l’image d’une caravane cycliste qui roule sans encombre du Cambodge au Viêt-nam informe également du bon état des voies de communication entre les deux pays. Thong Khon souhaiterait d’ailleurs voir le Cambodge organiser à son tour un tour cycliste - “un sport très spectaculaire, comme le foot” - même si cela nécessiterait, pour égaler les Viêtnamiens, le concours de grandes sociétés et d’une chaîne de télévision avec de gros moyens. En attendant, le voisin viêtnamien prévoit une nouvelle course transfrontalière l’année prochaine, étendue cette fois en plus au Laos et à la Thaïlande. La fédération cambodgienne de cyclisme amateur a déjà un œil sur ce futur grand événement, en tâchant de compenser par la motivation le manque de moyens, faiblesse structurelle du sport local.


Nhim Sophal
CS 30/04/2007

La Coupe cycliste de Hô Chi Minh-ville a fait étape à Phnom Penh

Les 85 cyclistes concourrant pour la Coupe de Hô Chi Minh-ville ont gagné Phnom Penh hier après-midi, accueillis par une allée d’enseignes publicitaires menant au ministère de l’Agriculture où une tribune avait été dressée.

Le parcours reliant Viêt-nam et Cambodge s'étale sur 1 500 km (PS)Les coureurs - 5 Cambodgiens, 5 Coréens, et 5 Malaisiens aux côtés de 70 Viêtnamiens - ont déjà parcouru huit étapes. La huitième, longue de 165 kilomètres, les a menés de la porte internationale de Bavet à la capitale. Quatre des cinq Cambodgiens se sont classés parmi les dix premiers, le trio de tête étant deux Malaisiens et un Viêtnamien. “Cette course de 1 500 kilomètres (Viêt-nam-Cambodge-Viêt-nam) est la plus difficile à laquelle j’ai participé jusque-là. Là où nous, les Cambodgiens, avons éprouvé des difficultés c’est dans la province accidentée de Dalat où il nous a fallu franchir deux cols”, confiait à l’arrivée Meas Samnang, arrivé septième malgré une blessure au genou causée par une mauvaise chute. Après trois jours à faire jouer leurs pédaliers dans la capitale, les cyclistes reprendront le chemin du Viêt-nam en passant par la porte de Phnom Den, dans la province de Takéo.

Nhim Sophal
CS 26/04/2007

Débat à l'Assemblée sur la lutte contre le blanchiment d'argent

La Chambre basse a commencé à examiner vendredi le projet de loi de lutte contre le blanchiment d’argent et de lutte contre le terrorisme.
Ce projet est susceptible de répondre au problème du blanchiment que les activités de construction et la spéculation foncière pourraient actuellement favoriser. Ce projet comporte six chapitres parmi lesquels celui des peines allant d’un mois à un an de prison et de 100 000 riels à 5 millions de riels d’amende.

“Compte tenu qu’aujourd’hui le terrorisme international se propage et menace la sécurité des habitants, la stabilité sociale et le développement économique à l’échelle nationale, régionale et mondiale, si le Cambodge ne se dote pas de cette loi, la communauté internationale considérera que notre pays ne coopère pas. Cela porterait atteinte à notre image et à notre honneur”, explique Chea Chanto, gouverneur de la banque centrale.

Depuis le 15 juin 2004, le Cambodge adhère au groupe de l’Asie Pacifique sur le blanchiment d’argent afin d’assister la communauté internationale dans la lutte contre ce phénomène et contre le financement des actes de terrorisme. “Le but est de contrôler, prévenir et réprimer, au Cambodge, les opérations criminelles concernant ces deux points, insiste Chea Chanto. C’est également un mécanisme de coopération bilatérale et multilatérale.”

Pour Tioulong Somura, élue PSR de Phnom Penh, “il fallait qu’on élabore une loi pour limiter l’utilisation d’argent liquide [les grosses sommes en fait] et qu’on empêche l’utilisation de devises étrangères dans le pays.” Revenant sur la question de la gestion foncière, elle note que “le royaume n’a pas encore de cadastre centralisé, ni de vrai système de délivrance de titre de propriété. Les malfaiteurs se servent de la spéculation afin de blanchir de l’argent.” Déplorant l’absence de liste de référence nationale qui fournisse des données sur les achats et ventes de terrains et permette d’enquêter sur les changements de propriété, elle dénonce les transactions foncières comme des moyens de laver l’argent sale. “Les criminels gagnent des millions de dollars! s’insurge-t-elle. Leur méthode est simple : ils achètent des terrains, ce qui engendre l’augmentation de la valeur foncière au Cambodge.”

Du côté de la société civile, Hiev Veasna, directeur exécutif adjoint du Centre de développement social (CDS) s’intéresse quant à lui au phénomène des casinos. Il réclame une loi pour lutter contre la corruption et les transferts d’argent. “Les casinos du pays, dans les confins du territoire aussi bien que dans les hôtels des grandes villes sont susceptibles de blanchir de l’argent comme de spéculer. La discussion sur ce projet de loi est une obligation prioritaire fixée par l’entrée du Cambodge à l’OMC.”

Kong Sothanarith
CS 30/04/2007

jeudi 26 avril 2007

Khouy Pisei avec son petit ourson

Khouy Pisei, une jeune employée cambodgienne de la Fondation Australienne FREE THE BEARS FUND, tient dans ses bras Pom Poy, un petit ourson sauvé des chasseurs. Les ours sauvages sont très recherchés pour la médecine traditionnelle des pays voisins du Cambodge

Textile : des grandes marques critiquent les “violences” contre les syndicats au Cambodge

De grandes marques de fabricants de vêtements signent un courrier commun dans lequel elles s’inquiètent du respect de la liberté syndicale au Cambodge et appellent à une justice efficace, source de stabilité.

Plusieurs grandes marques ont appelé à faire la lumière sur la mort du syndicaliste Hy Vuthy

Des marques internationales de vêtements qui s’approvisionnent auprès d’usines de confection du Cambodge font part dans une lettre adressée au Premier ministre Hun Sen, au vice-Premier ministre Sâr Kheng, au ministre du Commerce Cham Prasidh et au ministre du Travail Vong Sauth de leurs inquiétudes au sujet de “ce qui semble être un modèle de violence contre les dirigeants syndicaux dans le pays”. “Il est de la plus haute importance pour nous, en tant qu’acheteurs, que l’Etat de droit soit rapide, juste et transparent. Cela assure un environnement professionnel dans lequel les travailleurs peuvent exercer librement leur droit à la liberté d’association sans crainte de représailles. Cela assure également un environnement professionnel stable qui nous permet de continuer à rechercher des fournisseurs.”

Eddie Bauer, Gap, H&M, Liz Claiborne et Phillips-Van Heusen, les signataires de ce courrier, exhortent les autorités cambodgiennes à enquêter de manière approfondie et indépendante sur la mort du syndicaliste Hy Vuthy, tué le 24 février à la sortie de l’usine Suntex où il était représentant syndical du Siorc, et de traduire devant la justice ses meurtriers. Et les représentants de ces marques mondialement connues d’exprimer leur impatience à observer des “progrès tangibles des autorités cambodgiennes sur cette question”.

Par ailleurs, le président de la Confédération des syndicats du Cambodge, Rong Chhun, a écrit hier une lettre à Juan Somavia, le directeur de l’Organisation internationale du travail (OIT) en charge du comité de la liberté syndicale, pour lui faire part de ses inquiétudes quant à la culture d’impunité qui existe au Cambodge. Dans son courrier, il rappelle que depuis le meurtre en janvier 2004 du président du Syndicat indépendant des ouvriers du Cambodge (Siorc), Chea Vichea, deux autres militants du Siorc sont tombés sous les balles d’inconnus : Ros Sovannareth et Hy Vuthy. “Les autorités n’ont pas mené d’enquête pour retrouver les auteurs de ces meurtres”, déplore le syndicaliste, qui qualifie l’arrestation de Born Samnang et Sok Sam œun pour le meurtre de Chea Vichea de “mise en scène orchestrée par le pouvoir”. Leur condamnation à vingt ans de prison, confirmée par la Cour d’appel le 12 avril, a été vivement critiquée par la société civile. Rong Chhun fustige ainsi le manque de volonté de Phnom Penh de mettre la main sur les vrais coupables, “car cela touche à de hautes personnalités du gouvernement”. “Il faut que Juan Somavia, en tant que responsable de l’OIT, crée, en collaboration avec les fédérations syndicales internationales, un comité international pour identifier les véritables auteurs du meurtre de Chea Vichea et de ses collègues pour que justice soit rendue aux victimes”, suggère Rong Chhun.

Nhim Sophal
CS 26-04-2007

Koh Kong : des villageois dépossédés de leurs terres et abandonnés à leur sort par les autorités

En mai 2006, Koh Kong Sugar Industry, une compagnie appartenant à l’oknha et sénateur Ly Yong Phat, s’installait sur une concession de 10 000 hectares dans la province de Koh Kong. Un an après, les 400 villageois chassés des terres qu’ils cultivaient vivent dans la misère.

Le terrain autrefois exploité par ces familles est aujourd'hui désertique (UCh)Sré Ambel, province de Koh Kong – En 2006, l’Oknha et sénateur Ly Yong Phat obtenait une concession économique de 90 ans sur un terrain de 10 000 hectares dans la commune de Chi Khor Leu. En mai dernier, la compagnie de l’Oknha, Koh Kong Sugar Industry, délogeait avec l’aimable complicité des autorités locales près de 400 villageois vivant sur ces terres. Les familles de trois villages qui vivaient modestement de la culture de mangues, d’anacardiers, de mangoustans ou de pastèques se sont retrouvées du jour au lendemain privées de terres et de moyens de subsistance.

Un an plus tard, le vaste terrain ressemble à une zone semi-désertique. Les cultures des villageois ont été arrachées, la terre retournée, et on aperçoit au loin quelques jeunes pousses de cannes à sucre au milieu des camions et des excavateurs. Des policiers militaires en armes quadrillent le pourtour du champ, empêchant tout intrus d’y pénétrer. Non loin de là, dans les trois villages dépossédés de leurs terres, des cris de désolation accueillent les visiteurs. On pourrait presque se croire dans une zone fraîchement bombardée, une terre défigurée remplie de désespoir.

“Ils tuent nos bêtes”
Les gardiens de Koh Kong Sugar Industry, qui sont tous gendarmes ou militaires, ont reçu pour consigne de ne laisser personne, journalistes, villageois ou membres d’ONG, pénétrer sur cette nouvelle “propriété privée”. Mais leurs ordres ne s’arrêtent pas là : la compagnie a prévenu les villageois que si leur bétail s’aventurait sur ses platebandes, ils devraient débourser 400 000 riels par tête pour les récupérer, faute de quoi ils seraient abattus. “Treize bovins ont déjà été descendus et d’autres ont mystérieusement disparu”, explique Am Sam Ath, enquêteur de la Licadho qui se rend souvent sur place. Sin Mèn, une jeune femme dont la maison se trouve à la lisière du terrain, explique que les militaires n’arrêtent pas de patrouiller sur le champ : “Souvent j’entends des coups de feu. Je suis certaine qu’ils tuent nos bêtes”, se lamente-t-elle. Dans cette ambiance délétère, cette femme a du mal à faire le deuil du terrain de deux hectares qui lui a été retiré et qui semble la narguer chaque fois qu’elle lorgne du côté de l’immense terrain vague qui lui sert de nouveau paysage. “Personne n’ose pénétrer sur le champ. Ils sont méchants. Ils nous menacent tout le temps. Mais moi, je ne veux pas y aller, rien que de le voir, ça me fait mal...”, glisse-t-elle avant d’éclater en sanglots.

Il n’est qu’à se présenter devant un des gardiens de Koh Kong Sugar Industry pour comprendre le calvaire que vivent ces villageois. “Vous ne pouvez aller plus loin ni prendre de photos. Ordre de la compagnie”, maugréé un vieux militaire, son AK47 planté à ses pieds. “Et ne croyez pas les villageois, ils vous mentent. Nous n’avons jamais tué un bœuf, ils racontent n’importe quoi”.

“Pire que sous Pol Pot”
Les villageois ont déposé deux plaintes contre la compagnie : l’une pour dénoncer l’abattage de leurs bêtes et en trouver les responsables, l’autre pour contester la légalité de la concession accordée par le ministère de l’Agriculture pour “développer le pays et augmenter le niveau de vie des habitants”. La première n’a encore débouché sur rien, tandis que la deuxième doit donner lieu prochainement à des convocations. “La compagnie ne tue pas directement les habitants, mais sans cette terre, ils vont mourir de faim”, résume Am Sam Ath.

Un terrible constat confirmé par une vieille dame d’un des villages du coin : “Mes deux buffles ont disparu il y a deux mois. Je ne peux même plus travailler la rizière. Déjà qu’en perdant ce champ j’étais dans la misère... Notre société est encore pire que sous Pol Pot. Aucun de mes ancêtres n’a jamais connu ça!”, explose-t-elle. “Ils ont pris mon champ de 5 hectares, tué mes deux buffles sans même me laisser leur cadavre. Comment puis-je survivre?”, s’énerve à son tour Mok Chey, un voisin.

“Vous voyez ces horribles cicatrices sur mes pieds, c’est un souvenir des mines qui jonchaient ce terrain. Avant, ici, c’était une forêt. J’ai passé ma vie pour en faire un champ, et aujourd’hui, tout est fini. Plus de temps, plus d’espoir...”, explique Phat, qui a perdu 24 hectares dans l’affaire et gagnait trois millions de riels tous les deux mois grâce aux fruits qu’il y faisait pousser. “Nous avons besoin de ces champs, car nos rizières, en bas du village, sont inondées à chaque saison des pluies. L’eau monte jusqu’à la poitrine”, intervient Ann Haya, représentant des villageois.

Ly Yong Phat n’a pu être contacté hier, mais il a déclaré par le passé qu’il ne faisait que respecter le contrat de cette concession. Il avait même accusé les ONG et l’opposition d’avoir aiguisé le mécontentement des villageois. “Nos compagnies sont légales. Si on faisait tout ce que disent les ONG et l’opposition, les sociétés privées fermeraient immédiatement leurs portes”, avait-il argumenté.

Selon l’enquêteur de la Licadho, la compagnie est loin d’avoir respecté la loi. “Ils ont commencé à défricher un mois avant le début du contrat, et ne tiennent pas compte du sous-décret qui prévoit que les concessions doivent éviter de s’implanter sur des terrains dont vivent légalement des habitants”, explique-t-il. Ben Samoul, vice-gouverneur de Koh Kong, promet que des négociations auront lieu dès que le nouveau Conseil communal aura pris ses fonctions. “En réalité, nous avons déjà dédommagé 30 familles, les autres essaient de nous abuser en se faisant passer pour des propriétaires. C’est difficile à gérer. Quant au problème de l’abattage des bœufs, nous allons demander à la compagnie de dédommager les villageois”, assure-t-il avant de promettre que des bouts de terrain seront rétrocédés à des habitants pour les dédommager. Des promesses bien creuses pour Chhit Minea, avocat du Clec (Centre d’éducation légale pour la communauté), qui rappelle que ni le mouvement de protestation des habitants l’an dernier ni les plaintes déposées n’ont suscité la moindre réaction du gouvernement ou des tribunaux.

Ung Chansophea
CS 26-04-2007

Les Etats-Unis encouragent Hok Lundy à lutter contre le trafic d’êtres humains

Le chef de la police nationale Hok Lundy a rencontré mardi des hauts responsables américains au Département d’Etat. Ces derniers l’ont néanmoins invité à “considérablement renforcer” les efforts de Phnom Penh pour lutter contre le trafic d’êtres humains.
Le commissaire général de la police nationale, Hok Lundy, a rencontré mardi au Département d’Etat à Washington Christopher Hill, secrétaire d’Etat adjoint pour l’Asie de l’Est et Pacifique, Anne Patterson, secrétaire d’Etat adjointe chargée de la lutte contre les narcotiques et pour l’application de la loi, et Jonathan Farrar, secrétaire d’Etat adjoint à la démocratie et aux droits de l’Homme. Ayant noté une amélioration de la coopération bilatérale entre les Etats-Unis et le Cambodge en matière de lutte contre le terrorisme et de trafic de drogue, les trois officiels ont toutefois appelé Hok Lundy et la police cambodgienne à “considérablement renforcer leurs efforts pour lutter contre le trafic d’êtres humains, qui demeure un problème sérieux au Cambodge”, a indiqué le porte-parole du Département d’Etat.

En février 2006, le Département d’Etat avait cité l’implication présumée de Hok Lundy dans des trafics d’êtres humains pour lui refuser un visa. Avant son départ pour Washington la semaine dernière, Human Rights Watch avait appelé le Département d’Etat à annuler l’octroi du visa au chef de la police, pour son “implication présumée dans des actes de violence politique et de crime organisé au Cambodge”.

Les trois fonctionnaires du Département d’Etat ont également exhorté le royaume à faire davantage d’efforts pour traduire en justice des fonctionnaires impliqués dans des trafics, et ont souhaité que Hok Lundy sensibilise la police au problème du trafic d’êtres humains. Khieu Kanharith, porte-parole du gouvernement, a affirmé hier que le Cambodge avait déjà réprimé de nombreux trafics de drogue et d’êtres humains, mais que “tout nettoyer” était impossible, rappelant qu’il subsistait même des trafics aux Etats-Unis. “Quant aux officiels et aux policiers, il peut y avoir certains cas où ils sont facilitateurs, mais ils ne sont pas directement impliqués dans des trafics, on ne peut donc pas les arrêter”, relève-t-il.

Selon le Département d’Etat américain, le gouvernement cambodgien devrait s’attaquer aux problèmes relatifs aux droits humains et à la corruption soulignés dans son rapport sur les droits de l’Homme de 2006. Les Etats-Unis, qui ont consacré depuis 2003 plus de 7 millions de dollars à la lutte contre le trafic d’êtres humains au Cambodge, ont d’autre part réitéré leur engagement à aider le gouvernement cambodgien à améliorer ses capacités à lutter contre les trafics.

Sarah Oliveira et Leang Delux
CS 26-04-2007

mercredi 25 avril 2007

Phnom Penh : un nouveau conseil communal officiellement intronisé

Le gouverneur de Phnom Penh présidait hier la passation de pouvoirs entre un ancien chef de quartier PSR et son successeur étiqueté PPC. La municipalité offre à ce dernier un nouveau siège de quartier et vient de lancer le chantier de construction d'une route. Heureux hasard...

Kep Chuktéma (2e à gauche) entouré du nouveau et de l'ancien chefs de quartier (KS)


Le nouveau conseil communal du quartier de Phsar Dœum Thkov, dans l’arrondissement de Chamcarmon, a été hier officiellement intronisé dans ses nouvelles fonctions, lors d’une passation de pouvoirs organisée sous l’autorité du gouverneur de Phnom Penh Kep Chuktéma. Devant 700 administrés, les onze presque nouveaux élus - six issus du PPC et cinq du PSR - ont été cérémonieusement présentés. La présidence de ce conseil est depuis le 1er avril passé des mains du parti d’opposition à celles du parti au pouvoir. Après que l’ancien chef PSR du quartier, qui devient chef adjoint, ait remis à son successeur le tampon dont la possession est attachée à la fonction, le gouverneur a félicité le travail effectué sous le premier mandat. “Il y a cinq ans, personne ne croyait, surtout les étrangers, qu’un conseil communal composé de différentes couleurs politiques [ancien conseil : 5 PSR, 5 PPC et 1 Funcinpec] pourrait accomplir sa mission en toute harmonie, ce qui est surtout à mettre sur le compte de l’ancien chef de quartier, Ear Sean (PSR). Voilà ce que veulent voir les habitants !”

Le gouverneur de Phnom Penh a rappelé les principes de la décentralisation, qui fait des habitants les arbitres des politiques locales menées. “Les Phnompenhois ne sont pas des ignorants. Ils soutiennent ceux qui travaillent correctement et condamnent les mauvais élèves.” Kep Chuktéma a alors conseillé au nouveau chef du quartier et à son équipe de ne pas rester les bras croisés et ne pas oublier de concrétiser les promesses qu’ils ont faites aux électeurs. Sur ces bonnes paroles, il a annoncé la construction d’un nouveau siège pour ce conseil communal, dont la circonscription, qui s’étend sur 80 hectares, englobe sept villages soit 2 592 familles. “Le siège des autorités du quartier, qui représentent l’administration locale, doit avoir de la tenue, être comme un porte-bonheur. Cela dit, il n’est pas équipé de l’air conditionné pour éviter que les conseillers ne sortent plus sur le terrain et aussi pour faire des économies!”

Autre cadeau à la nouvelle équipe, la construction d’une portion de route de trois kilomètres traversant le quartier, là où il n’y avait jusque-là qu’un chemin de terre. Un chantier évalué à 130 000 dollars dont l’inauguration a coïncidé avec la cérémonie de passation. Entamant dans de bonnes conditions son mandat, le nouveau chef du quartier, le PPC Thong Chhorn a assuré, dans une dernière profession de foi, qu’il renforcera la sécurité, le système judiciaire et la démocratie, offrira une administration au service des habitants, améliorera le réseau d’infrastructures et luttera contre la corruption et le trafic d’êtres humains, le tout dans le respect de la loi et des droits de l’Homme. Ses administrés ont pris bonne note et jugeront sur les actes.

Nhim Sophal
CS 25-04-2007

Sâr Khéng salue la discussion avec Sam Rainsy sur la politique de décentralisation

AKP Phnom Penh, 25 avril 2007 -- 
 
Sâr Khéng, vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, a salué la volonté du chef du Parti d'opposition, Sam Rainsy, de discuter avec lui de la politique de décentralisation, mais, a refusé de parler des élections des chefs de villages.
 
A l'occasion de l'inauguration des sièges communaux de la province de Siemreap, organisée le 23 avril dans le district Angkor Thom, le vice-Premier cambodgien a dit que la discussion de cette politique de décentralisation était «bien», car le Parti Sam Rainsy a rempoté le 2ème rang, après le Parti du Peuple Cambodgien (PPC), aux récentes élections communales du 1er avril.
 
Si cette rencontre avait lieu, la discussion des élections des chefs de villages ne figurerait pas, par contre, dans l'ordre du jour, car le chef du village n'était qu'un assistant  du  chef  de  commune  ou  Sangkat, a précisé Sâr Khéng qui a expliqué que l'Administration nationale comprenait quatre niveaux : gouvernement, de province-municipalité, district-arrondissement et commune-quartier.
 
Samdech Hun Sèn, chef du gouvernement royal, a averti que tout devait s'exercer dans le cadre de la loi et que l'idée de voir se dérouler les élections des chefs de villages était «une sécession».

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36 millions de la Banque mondiale et de l’Australie pour le maintien des routes au Cambodge

La Banque mondiale et le gouvernement australien ont respectivement accordé des aides non-remboursables de 30 millions de dollars et six millions de dollars pour le maintien et l’entretien réguliers des routes au Cambodge, a fait savoir Sun Chanthol, ministre des Travaux publics et des Transports, lors de la réunion récapitulative du 20 avril du département « Ponts et chaussées ».

“L’Australie enverra ses experts pour nous aider à maintenir les routes, alors que la Banque mondiale versera 6 millions de dollars pour cinq ans pour le maintien régulier des routes”, a précisé Sun Chanthol.

Selon le rapport du département « Ponts et chaussées », en 2007, 2 337 km de routes (nationales et provinciales) seront maintenues d’un coût total d’environ 23,8 milliards de riels. --

AKP 24-04-2007

Angkor et le Cambodge au XVIe siècle

Angkor et le Cambodge au XVIe siècle d’après les sources portugaises et espagnoles, par BP. Groslier

Le Cambodge fut un des derniers pays de l’Asie du Sud-Est à être visité par les voyageurs occidentaux. A l’écart des grands itinéraires maritimes, il ne jouait en effet qu’un rôle politique secondaire et n’offrait aucune de ces épices, aucune de ces denrées précieuses qui attiraient les navigateurs.

Si le Cambodge est mentionné dans les ouvrages européens dès 1511, ce n’est que dans les publications des dernières années du XVIe siècle que l’on trouve quelques informations concrètes à son sujet. En fait, si les Portugais, et plus tard les Espagnols, se sont intéressés au Cambodge, ce fut à la suite de leurs missionnaires. Ceux-ci ne sont pas parvenus à convertir les Khmers au catholicisme, mais divers religieux vécurent à la cour du roi Sathâ, au moment où, vers 1576, ce prince séjournait près d’Angkor (il fit restaurer Angkor Vat, délaissé par les rois khmers depuis 1431). Ce sont ces missionnaires appelés par le roi qui voient les ruines et répandent les premières informations relatives à Angkor qui soient parvenues en Occident. Diogo do Couto (vers 1543-1616), le chroniqueur officiel de l’Inde portugaise (Goa), a connu quelques-uns de ces missionnaires. C’est sur la base du témoignage d’un moine capucin, Antonio da Magdalena (qui dût visiter Angkor vers 1585-1588), qu’il rédigea une description d’Angkor, le premier en date des récits européens sur le sujet, et aussi le plus détaillé, le plus exact et le plus précieux, mais demeuré longtemps à l’état de manuscrit. Il se fait visiblement l’écho d’une tradition locale sur la découverte et la réoccupation de la cité perdue et son récit éclaire un chapitre fort obscur de l’histoire de la ville. C’est là qu’on trouve l’anecdote de la découverte d’Angkor par le roi “de Camboja” parti en chasse à l’éléphant dans la forêt et qui butte sur des constructions imposantes envahies par la jungle. Le roi fut tellement frappé par la majesté de la ville ancienne qu’il la fit dégager et décida d’y transférer sa capitale. Deux autres chroniqueurs, Ribadeneyra et San Antonio, des Espagnols cette fois, ont laissé des descriptions qui ont été publiées de leur temps mais sont plus succinctes et moins exactes (la fondation d’Angkor serait due pour l’un aux Romains ou à Alexandre le Grand, aux Juifs de Chine pour l’autre). Ce livre cite encore quelques textes de chroniqueurs espagnols, dont l’imprécision et l’imagination finirent par créer une légende fantastique autour de la cité oubliée. Ce livre savant nous livre et analyse tous ces récits, en les confrontant à la réalité. Il fournit des explications subtiles de nature épigraphique, linguistique et historique. Angkor (“la ville royale”) fut à nouveau abandonnée au XVIIe siècle au profit d’Oudong puis de Phnom Penh. Si elle fut alors l’objet de quelques récits hollandais et japonais, la ville ne fut véritablement “redécouverte” qu’au XIXe siècle par les explorateurs européens comme le prêtre Charles-Emile Bouillevaux et Henri Mouhot, qui, par le lyrisme poétique de son compte rendu de voyage, en fut le véritable “inventeur” moderne.
Angkor et le Cambodge au XVIe siècle d’après les sources portugaises et espagnoles, par Bernard Philippe Groslier, Paris, Presses universitaires de France, 1958. – 191 pages. – Ill., cartes & plans (Annales du Musée Guimet, Bibliothèque d’études, tome LXIIIe)


BNC
Bibliothèque Nationale du Cambodge
Rue 92 (Christopher Howes), arrondissement Daunh Penh B.P.4 – Phnom Penh – Cambodge. Site Web : http://bnc-nlc.info . Courriel : contact@bnc-nlc.info. Tél. : 023.430.609
Heures d’ouvertures : du Lundi au Vendredi de 8h à 11h et de 14h à 17h. Fermé le samedi et le dimanche.

Grippe aviaire : pas de mutation significative sur la souche identifiée récemment au Cambodge

La souche du virus H5N1 identifiée sur la septième victime de la grippe aviaire au Cambodge, une adolescente originaire de Kompong Cham décédée le 5 avril, ne présente pas de mutations inquiétantes, selon l'Institut Pasteur du Cambodge.

Photo : prélèvement sanguin sur une volaille (Archive KS)


Les analyses complémentaires effectuées sur des échantillons sanguins prélevés sur l'adolescente originaire de Kompong Cham décédée de la grippe aviaire le 5 avril n'ont révélé aucune mutation significative du virus, a confirmé hier Philippe Buchy, chef de l'unité de virologie de l'Institut Pasteur du Cambodge. “Les tests n'ont montré rien de particulier ou d'inquiétant. Il s'agit d'un virus H5N1 classique qui n'a pas connu de mutation particulière. Cela concorde avec les données épidémiologiques qui ont établi qu'aucune autre personne n'a été contaminée dans l'entourage de la victime”, a détaillé M. Buchy. Des tests supplémentaires doivent encore être effectués dans un des laboratoires de référence de l'Organisation mondiale de la Santé, à l'Institut Pasteur de Paris, “selon la procédure habituelle”, a-t-il précisé. Selon les données officielles, sept personnes ont été contaminées par le virus de la grippe aviaire depuis 2005, toutes décédées des suites de cette maladie. La dernière victime, originaire du district de Ponhea Kreak à Kompong Cham, était âgée de treize ans et aurait été contaminée après avoir consommé de la volaille malade, d'après les premières conclusions des autorités sanitaires.

Laurent Le Gouanvic
CS 25-04-2007

La production locale et les importations bientôt soumises à un certificat qualité

Les députés planchent sur le processus de certification qui sera imposé aux produits fabriqués au Cambodge puis exportés, de même qu’aux produits importés. Une obligation imposée par l’Organisation mondiale du commerce.

Importations et exportations auront une certification (sur la photo, production de maïs locale présentée lors d'une foire commerciale - Khem Sovannara)

L’Assemblée nationale a commencé à examiner hier le projet de loi sur les standards, qui dotera à terme le Cambodge d’un processus de certification nationale pour sa production locale autant que pour les produits importés.

Pour le ministère de l’Industrie, ces standards permettront aux produits “made in Cambodia” d’obtenir une reconnaissance internationale et iront dans le sens de la politique de santé publique pour les consommateurs locaux.

“Quand le Cambodge aura ses propres standards, cela changera la perception des Cambodgiens qui ne font confiance qu’aux produits étrangers”, a estimé un représentant du ministère en présentant le texte. Ce projet de loi fait partie des exigences imposées par l’adhésion du royaume à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Pour illustrer les bienfaits de ce projet de loi, le président de la commission des Finances Cheam Yeap a cité l’exemple du riz, que le royaume exporte en masse mais sans reconnaissance internationale. “Nous exportons beaucoup de paddy vers les pays voisins qui le décortiquent et l’emballent ensuite”, en l’estampillant “made in Viêt-nam” ou “made in Thailand”. “Les agriculteurs cambodgiens qui travaillent à la sueur de leur front doivent obtenir la reconnaissance qu’ils méritent. C’est la même chose pour le prahoc”, a-t-il commenté.

Le ministre de l’Industrie Suy Sem a précisé qu’un Conseil national des standards serait prochainement créé, avec la participation de nombreux ministères, chargé de certifier les produits qui lui seront soumis. “Par le passé, nous avons vraiment fait n’importe quoi. Nous avons joué avec la santé des consommateurs, et cela limitait nos exportations, car peu d’acheteurs veulent des produits non certifiés. Désormais, chaque produit sera certifié”, l’eau, les légumes, comme les jus de fruits, a-t-il déclaré.

Le président de l’Association des Petites et moyennes entreprises (PME) Heng Heang estime que cette loi aidera les “bons” producteurs en leur donnant une meilleure lisibilité au Cambodge et une reconnaissance sur les marchés étrangers. Il espère également que cela permettra de lutter plus efficacement contre les contrefaçons. L’examen du projet de loi se poursuit cette semaine, seuls trois chapitres sur onze ayant été étudiés hier.

Leang Delux

CS 25-04-2007

Banques : les guichets automatiques trouvent leur public au Cambodge

Le secteur bancaire du Cambodge vit une petite révolution. Introduites en 1997 par la Canadia Bank, les cartes bancaires séduisent de plus en plus de particuliers. ANZ s’est lancé sur le marché, suivie bientôt par d’autres banques dont Acleda.

Les consommateurs cambodgiens commencent à apprécier de ne plus avoir à porter des sommes importantes sur eux, grâce aux cartes bancaires (Pring Samrang)

Le secteur bancaire est en pleine effervescence. Les banques se bousculent aujourd’hui pour proposer à leurs clients des cartes bancaires, qui séduisent un nombre croissant de particuliers. Balbutiant il y a encore quelques années, le secteur est aujourd’hui tiré par deux leaders : la Canadia Bank, qui fait figure de pionnier puisque c’est elle qui a introduit les premières cartes bancaires Master et Visa en 1997, et ANZ Royal, qui a modernisé le secteur en basant ses prestations sur les standards internationaux, ce qui a provoqué une montée en gamme des produits et des services bancaires.

Les deux pionniers des guichets automatiques
La Canadia bank dispose d’une dizaine de distributeurs GAB (Guichet automatique bancaire) dans le pays, dont une majorité à Phnom Penh, trois à Siem Reap, un à Battambang, Poïpet et Sihanoukville. Fonctionnant 24 heures sur 24, “y compris les jours fériés”, précise le directeur marketing du service des cartes, Lok Van Chheng, ce service est également accessible de l’étranger et ne coûte que 15 dollars par an.

Résolument offensive, la banque ANZ Royal dispose du plus important réseau de GAB du pays, dans les supermarchés, stations services ou simples succursales de Phnom Penh, Siem Reap, Sihanoukville et Battambang. La banque a cependant refusé de fournir davantage de détails sur sa présence sur le territoire. Un employé affirme sous couvert d’anonymat que 30 000 Cambodgiens bénéficieraient aujourd’hui de ce service, et ce alors que la Mission économique estimait à 10 000 le nombre total de propriétaires de cartes au milieu de l’an dernier. A cette date, ANZ comptait 22 distributeurs à Phnom Penh, 7 à Siem Reap, et prévoyait d’en déployer 52 dans les principales villes du pays, selon la Mission économique.
ANZ, qui propose toute une gamme de services allant de la gestion des comptes sur internet aux transferts gratuits entre agences ANZ, propose également le paiement par carte dans les magasins marqués du signe “Blue Spot”.
Derrière ces deux locomotives - Canadia a répliqué en augmentant sa couverture dans le pays - plusieurs banques, comme UCB ou SCB, se dépêchent de se placer sur ce marché émergeant.

La microfinance s'engouffre dans la brèche
Acleda, originellement spécialisée dans la microfinance notamment auprès des populations rurales, entend profiter de sa bonne couverture du pays pour imposer ses propres GAB et cartes bancaires. Som Vuthy, responsable adjoint de la logistique, explique qu’une phase de test est en cours avec le personnel de la banque. Fin mai, ce service devrait être étendu aux grandes villes du pays. “Notre banque sera la première sur ce secteur car nous avons 62 bureaux. Dans un avenir proche, tous les Cambodgiens, y compris les paysans, pourront tenir une carte bancaire dans leur main”, espère-t-il.

L’économiste Kang Chandararoth, président du Cambodian Institute of Development Study, se félicite de ce mouvement général. “Si ce nouveau service se développe, cela changera les habitudes des Cambodgiens qui ont tendance à garder leurs économies à la maison, ce qui présente certains risques. L’accès au crédit va également de pair avec l’augmentation du niveau de vie...”, commente-t-il.

Une confiance croissante dans les banques
Les utilisateurs se montrent généralement satisfaits de leurs cartes bancaires, signe qu’ils font désormais confiance aux banques même s’ils déplorent parfois quelques problèmes techniques. Thong Lim, professeur d’anglais, se félicite avant tout de gagner du temps. “Plus la peine de faire la queue pour déposer ou retirer de l’argent. En plus, comme je viens de Kompong Thom, il m’était difficile de laisser tout mon argent à la maison ou de l’emmener chaque jour avec moi. La carte est beaucoup plus sécurisante”, explique-t-il, avant de déplorer néanmoins les pannes fréquentes de GAB ou les pénuries de billets.

Chan Boreï, client de Canadia Bank, estime qu’on peut désormais faire confiance aux banques. “Quand je rends visite à ma famille à Siem Reap, plus besoin d’emmener tout mon argent avec moi. je peux tirer là-bas”, se réjouit-il. Signe que ce nouveau service ne touche pas que les couches les plus aisées de la population, Srey Vy, lanceuse de bière, dispose elle aussi d’une carte bancaire. Son employeur a pour politique d’en distribuer à tous ses employés. Elle aussi se félicite du temps gagné et de la facilité avec laquelle elle peut vérifier l’état de ses comptes quand elle le souhaite.

Ung Chamrœun
CS 25-04-2007

mardi 24 avril 2007

Les Joraï intentent un procès pour réclamer leurs terres

Cambodge : les Joraï intentent un procès pour réclamer leurs terres

La perte de terres et celle de l’accès aux ressources naturelles sont en train de provoquer une crise économique chez les populations rurales du Cambodge. «des communautés rurales sont dépossédées de leurs terres par ceux qui ont de l’argent et du pouvoir politique», écrit Shalmali Guttal dans un rapport récemment rédigé pour Focus on the Global South.

[24 Avril 2007]

Pour les communautés rurales, la perte de leurs terres se traduit par « la faim, le manque d’argent, la mauvaise santé et la destitution », signale Guttal. Lorsque les communautés indigènes perdent leurs terres, elles perdent aussi leurs moyens de vie, leur culture et leur tradition.

En 2004, des entreprises privées avaient déjà pris le contrôle de 2,7 millions d’hectares grâce à des contrats de concession. Dans ce chiffre sont comprises les « concessions économiques de terres », destinées à des plantations industrielles, à la prospection minière et pétrolière, à la pêche et au tourisme. Dans bien des cas, ces concessions s’établissent dans les terres des paysans. À la résistancede ces derniers on oppose des pots-de-vin offerts aux leaders des villages, souvent suivis de démonstrations de violence de la part de la police, des militaires ou des gardes de sécurité armés appartenant à des services privés.

L’appropriation de terres est flagrante dans la province de Ratanakiri, située dans le Nord-Est du Cambodge. Ce qui se passe dans les villages jorai de Kong Yu et Kong Thom, dans le district d’O’Yadao, donne un aperçu de la situation qui règne partout dans le pays.

Ces trois dernières années, les Jorai ont vu leurs terres rasées au bulldozer pour faire de la place à une plantation d’hévéas de 500 hectares. Sur un panneau fixé à l’entrée de la plantation dans le village de Kong Yu on lit : « Défense d’entrer sans autorisation ».

La concession appartient à Keat Kolney, soeur du ministre des Finances du pays, Keat Chhon. Le mari de Keat Kolney est Chhan Saphan, le ministre de l’Aménagement du territoire. Les autorités locales ont forcé l’affaire en se servant de menaces, de mensonges et de fraudes. Certains membres du Conseil de la commune ont reconnu publiquement qu’ils avaient accepté des pots-de-vin pour obtenir que la transaction foncière soit conclue.

Début 2004, lorsque les fonctionnaires de la commune leur ont demandé de vendre leurs terres, les paysans ont refusé. Ensuite, les fonctionnaires sont revenus leur raconter l’histoire que le Premier ministre Hun Sen avait besoin de ces terres pour les soldats handicapés et que les villageois n’avaient aucun droit sur elles. Ces derniers, qui ne connaissaient pas bien leurs droits et ne souhaitaient pas s’attirer des problèmes avec le premier ministre ou l’armée, ont accepté de céder 50 hectares.

En août 2004, les fonctionnaires ont organisé une fête pour les paysans, où il y avait du porc et de la bière en abondance, ainsi que deux grandes jarres de saké. Lorsque la fête battait son plein, les fonctionnaires ont prix les empreintes digitales des paysans à l’encre rouge. Une semaine plus tard, accompagnés de Keat Kolney, ils sont revenus distribuer des cadeaux, tels que des sarongs et de l’argent, et leur ont demandé de signer avec le pouce des documents qu’ils ne comprenaient pas.

« Ils nous ont dit que, si nous refusions de vendre la terre ou d’accepter l’argent, ils allaient la prendre de toutes façons, sans rien payer ou sans même nous donner un grain de sel », a dit Sayo Tem, paysan jorai, au Phnom Penh Post. Lorsque les bulldozers ont commencé à raser leur terre et leur forêt, les villageois ont compris qu’on les avait dupés. La terre avait été transférée à Keat Kolney et non à des soldats handicapés, et la superficie était de 500 hectares, soit dix fois plus que convenu. Les habitants de Kong Yu ont déposé une plainte dans les bureaux de l’administration.

En février 2006, deux cents villageois se sont réunis dans le siège local de la commune pour demander des informations sur l’entreprise qui défrichait leur terre et pour manifester leurs inquiétudes. Les fonctionnaires les ont accusés de faire de l’agitation et la police militaire a menacé de les arrêter si d’autres manifestations avaient lieu.

Le 23 janvier 2007, le Centre communautaire d’éducation juridique du Cambodge (CLEC) et Legal Aid of Cambodia ont porté l’affaire en justice, à la demande des villageois qui cherchent à reprendre possession de leur terre.

In Sam Ath, représentant de Keat Kolney, allègue que les empreintes du pouce sont la preuve de la légalité de la transaction. « Les autorités provinciales considèrent notre plantation comme un exemple pour les nouveaux investisseurs », a-t-il dit au Cambodia Daily. En fait, la législation cambodgienne exige que les contrats soient signés librement par des parties bien informées, sans qu’il y ait fraude, escroquerie ou contrainte. La législation foncière prévoit la protection des terres indigènes et la reconnaissance de la propriété collective. La gestion du territoire, y compris la cession de droits, doit se faire sans interférence officielle.

« Ratanakiri est actuellement en crise », dit Ngy San, directeur adjoint du Forum des ONG. « L’appropriation de terres est devenue incontrôlable et elle est en train de ruiner la vie des autochtones. Le cas de Kong Yu est un exemple de ce que la situation a de plus grave. Elle oppose les intérêts des riches et des puissants aux besoins des pauvres. L’attitude des tribunaux sera un test décisif pour les conflits fonciers dans tout le Cambodge ».

http://www.icrainternational.org/actualites/360

Manifestation des Khmers du Kampuchea krom au cour du Paris


Le 22 Avril 2007, la fédération Khmer du Kampuchea Krom, en participation avec les autres Khmer et Khmer Krom organisations, ont organisé une manifestation pacifique au cœur de Paris, place Trocadéro, contre le massacre et la violation des droits de l'homme à l'encontre des bonzes et le peuple Khmers du Kampuchea Krom, actuel sud Vietnam.

En effet, les récents événements tragiques sur les conditions de vie déplorées et les droits de l’homme sans cesse bafoués au Vietnam et au Cambodge depuis début 2007, ont précipité cette manifestation pacifique contre les actes barbares et la violation des droits de l'homme du gouvernement de Vietnam et ce du Cambodge à l'encontre des bonzes et le peuple Khmer du Kampuchea Krom.

Selon une source de Khmer Krom, au début février 2007, l'autorité vietnamien a assiégé la pagode de Serei Ta-Sek dans la commune de Vinh Châu, province de Khleang (Soc-Trang en vietnamien) interdisant deux cents bonzes, élèves de l’Ecole de Pali de ladite pagode, de sortir faire l’aumône alimentaire selon la tradition bouddhique. Privé de leurs droits religieux et même les droits basics ceux de survivre et de s'alimenter, les bonzes ont fait grève, forçant la barrière policière vietnamienne, allant se manifester pacifiquement devant le bureau culturelle provinciale, réclamant le rétablissement de leurs droits traditionnels. Mais la réponse de l’autorité vietnamienne était sans appel et comme toujours, aussi brutale et inhumaine à l’encontre de population civile sans défense. L’autorité policière vietnamienne a arrêté aussitôt les bonzes meneurs de la manifestation avec des mesures armées inadéquates. Par la suite, trois bonzes ont été réclamés disparus et 9 autres ont été défroqués forcé par l'autorité vietnamienne. Les 9 bonzes défroqués sont, Ven :
1.- Thach Do 27ans de la pagode de Tasek, district de Vinh Chau, province de Khleang; 2.- Ly Hoang 22 ans de la pagode de Sam-Rong, quartier 5, province de Khleang; 3.- Ly Tang Thong 23 ans de la pagode de Sam-Rong, quartier 5, province de Khleang; 4.- Ly Thanh Suoi 28 ans de la pagode de Tuk Pray, village de Long Phu, province de Khleang; 5.- Thach Xuan Hien 21 ans de la pagode de Ta Moan, village de My Xuyên, province de Khleang, 6.- Tang Phien 22 ans de la pagode de Ta Moan, village de My Xuyên, province de Khleang; 7.- Ly Suong 21 ans de la pagode de Tuk Pray, village de Long Phu, province de Khleang; 8.- Kim Muon de la pagode de Tasek, district de Vinh Chau, province de Khleang; 9.- Thach Thuong 28 ans de la pagode de Tuk Pray, village de Long Phu, province de Khleang.
Parmi les deux cents bonzes participants à cette manifestions pacifique de Vinh Châu, province de Khleang (Soc-Trang en vietnamienne) en début février 2007; il y avait le Ven Ieng Sok Thoeun qui a échappé de peu des griffes de l'autorité vietnamienne en rejugeant au Cambodge. A Phnom Penh, il essaya d'organiser une manifestation pacifique avec ses compatriotes pour le droit de croire à sa religion, pour la libération de ses compatriotes disparus et arrêtés par l'autorité vietnamienne depuis début février et contre la violation des droits de l’homme et contre les massacres atroce et systématique du peuple autochtone devenue minorité sur le leur natale par une politique génocidaire et systématique de tout genre menée depuis des décennies par l'autorité vietnamienne à l’encontre de la population autochtone civile. Le 27 février 2007, une manifestation des bonzes s’organisa à Phnom Penh devant ambassade de Vietnam. Le 28 février 2007, le bonze Ven. ieng Sok Thoeun a été retrouvé mort, égorgé dans sa chambre à Boeung Thom, district de Ang Snuol, à Kandal. Son corps a été enterré précipitamment et inhumainement à 2 heures du matin sans amis, sans famille et sans aucune cérémonie religieuse selon sa religion. L’autorité locale a conclu sommairement vers une piste suicide incité par une overdose de drogue. Plusieurs organisations d’humanités et de droits de l’homme ont réclamés une autopsie de son corps mais leur demandes ont été refusés. Même sa dépouille réclamée sans cesse par ses compatriotes pour la cérémonie religieuse, a aussi été rejeté par l'autorité cambodgienne. A l’évidence, l’œil et le bras puissants et sans merci de l’autorité vietnamienne s’allongent jusqu’au Cambodge et il est ordinaire de voir l’autorité cambodgienne se plie à la politique vietnamienne, et ils sont partout, comme disaient les Khmers rouges « Angka Pnaek Mnaos »

Le vendredi 20 Avril 2007, une cinquantaine de bonzes de Khmer Krom ont manifesté devant l'ambassade du Vietnam au Cambodge, devant le palace royal et devant ambassade des Etats Unies pour le droit de pratiquer leur religion et pour la libération des bonzes de Khmer Krom disparus, défroqués et incarcérés depuis début février par l'autorité vietnamienne. Mais cette manifestation pacifique a été sévèrement réprimée par une centaine de polices cambodgiennes, armés de bâtons d’électrochoc et AK-47. Selon le témoignage de Mr Thach Setha, il y a un groupe de bonzes mystérieux qui semble d’être relâché par l'autorité policière cambodgienne pour affronter corps à corps avec les bonzes de Khmer kroms qui étaient entrain de se manifester pacifiquement. Cette confrontation, bien organisé et voulu, a causé quelques blessés graves et légers parmi les bonzes de Khmer Krom et on déploie la menace qui pèse lourdement sur eux, au Vietnam comme au Cambodge. La méthode utilisant un group parallèle pour provoquer les violences, les massacres et le purge politique contre les manifestations pacifiques ou des civiles, est une machination politique sournoise, tragique et pourtant ordinaire au Vietnam, au Laos comme au Cambodge.

La manifestation à Paris a débouté par une chanson nationale du peuple khmer, puis un court discours de bienvenu de représentant de FKKK, suivi par la prière bouddhique. Un rappel historique du Kampuchea Krom et des drames politiques et génocidaires passés au sud Vietnam à l’encontre des populations civiles menés par l’autorité vietnamienne a été fait successivement par les participants de cette manifestation.

Kampuchea Krom, actuel sud Vietnam connu sous le nom Cochinchine est un ex territoire cambodgien. Détaché au Vietnam depuis 1949 peu avant le tombé de Dien Bien Phu …, un contrat entre le vietnam, la France et le roi sihanouk du Cambodge, était d’abord une stratégique politique de la France dans sa guerre Indochinoise. Actuel sous la tutelle vietnamienne, le peuple khmer du kampuchea krom, comme bien d’autre peuple autochtone au Vietnam, a été objet de toute sorte d’atrocité terrifiant et inhumaine de la part de l’autorité vietnamienne; acte barbare, persécution racial sommaire et systématique, purge politique de tout genre, inhumaine et inimaginable ... bref, une vraie politique génocidaire bien pensé, bien programmé, silencieux et invisible mais qui afflige tant de souffrance et de drame parmi les victimes civiles et innocentes…..

Une question morale évidente doit être posée ici, quelle est la responsabilité de la France et des personnes qui prétendent posséder des valeurs humaines telles que la Justice, la liberté, l’égalité et humanité, envers cette population perdue, persécuté en permanent, victime de la cruauté humaine ? Amekhmer

Phnom Penh : Adhoc et le CDHC protestent contre la démolition de deux maisons

Pour Adhoc et le Centre des droits de l’Homme du Cambodge, la destruction d'habitations du quartier de Tuol Kork par la municipalité afin de laisser place à un vaste projet d'urbanisme ne s'est pas faite dans des conditions satisfaisantes pour les occupants.
Deux organisations, Adhoc et le Centre des droits de l’Homme du Cambodge (CDHC), ont dénoncé la façon dont la municipalité de Phnom Penh a fait détruire deux maisons de Tuol Kork, dans l’arrondissement de Russey Kéo, apparemment sans promettre de dédommagements à leurs propriétaires. L’hôtel de ville a fait appel à une centaine d’ouvriers pour abattre ces bâtisses qui se trouvaient sur le tracé d’une nouvelle route, construite par la société coréenne World City, dans le cadre d’un immense projet de ville nouvelle dans la zone de Bœung Pong Peay. Ce projet, d’un investissement de près de 2 milliards de dollars, dont le schéma directeur a été adopté en décembre 2005, prévoit la construction d’appartements, de villas, d’écoles, d’hôtels, de tours, d’un centre sportif, de marchés, d’un hôpital et de centres commerciaux. Les travaux doivent s’achever en 2018. Adhoc et le CDHC accusent les autorités d’avoir “forcé les propriétaires, installés ici depuis 1980, à partir sans leur offrir de dédommagements ou trouver une solution par la voie légale”, et d’avoir violé la loi foncière de 2001.

Mey Sothmaline, propriétaire d’une des deux maisons, explique qu’elle a été punie parce qu’elle ne se montrait pas assez conciliante : “La mairie m’a d’abord appelée en me proposant 32 000 dollars. J’ai demandé 65 000, car ma maison fait 4 mètres sur 14,6. Ils nous ont finalement expulsé sans nous prévenir, et j’ai entendu dire que nous ne serons pas dédommagés”.

Le gouverneur de Russey Kéo estime lui que cette famille s’est montrée trop gourmande. Il rappelle que la municipalité a créé une commission chargée d’évaluer le prix des maisons menacées de destruction, et que la quasi-totalité des 30 familles aurait accepté, à l’exception d’une seule. “Cette famille réclame beaucoup d’argent, c’est illégal. Les autres sont heureux de laisser la place pour développer la ville, et il n’y a eu aucune violence...”, fait-il valoir.

Duong Sokha
CS 23-04-2007

La vie d’une vingtaine de familles suspendue à un bout de terre

Depuis plusieurs années, le Tonlé Bassac ne cesse de grignoter un peu plus la berge sur laquelle vivent les habitants du village de Daem Sleng, en périphérie de Phnom Penh. Nombreux sont ceux qui ont perdu leurs terres et sont aujourd'hui réduits à la misère.

Une vingtaine d'habitations sont menancées par la prochaine crue (Khem Sovannara)


Doucement bercé par le mouvement du hamac dans lequel il est assis, Chhim Mao, 80 ans, regarde fixement les quelques mètres de terre qui sépare sa cabane du Tonlé Bassac, dans le village de Daem Sleng, quartier Chhbar Ampeuv II, à Phnom Penh. Mètre après mètre, année après année, le fleuve se rapproche un peu plus de sa frêle habitation, faite de planches et de tôles. Depuis plus de dix ans, la berge est grignotée par les eaux et à chaque nouvelle crue, plusieurs mètres de terrain s’effondrent, contraignant les habitants à reculer un peu plus dans les terres. Et cette année encore, une vingtaine d’habitations, comme celle de Chhim Mao, sont menacées par un nouvel effondrement. Le phénomène est récurrent, mais les autorités demeurent sourdes aux appels de ces habitants pauvres dont les seuls abris, de modestes cabanes, peuvent sombrer à tout moment.

Installé dans ce quartier depuis une vingtaine d’années, Chhim Mao sait ce qui l’attend si rien n’est fait pour consolider la berge. Il y a encore quelques années, il possédait un terrain et une maison, explique-t-il en pointant du doigt un piquet qui émerge au beau milieu du fleuve, le squelette d’une de ses premières habitations qui s’est effondrée et a été emportée par les eaux. Il a ensuite été contraint de louer une maison, qu’il a lui-même démontée à chaque nouvel affaissement de la berge. “Les autorités n’ont jamais rien fait. Elles ont simplement noté le nom des victimes en promettant de chercher des terrains libres. Mais nous n’avons vu aucun résultat”, déplore le vieil homme. Alors, Chhim Mao, qui n’est plus en âge de travailler, scrute le fleuve, guettant le moindre signe pour pouvoir démonter à temps sa cabane. Mais cette fois, il n’a plus aucune marge de manœuvre, le terrain qu’il loue s’étant réduit comme peau de chagrin. “Je vais essayer de louer une maison un peu plus loin dans les terres, mais je vais avoir du mal à trouver quelqu’un qui demande un loyer bas, comme l’actuel propriétaire. C’est vraiment difficile ici. D’une année à l’autre, je ne pense qu’à trouver un autre endroit où vivre. La nuit, je n’arrive pas à dormir sur mes deux oreilles, surtout en cette saison quand le vent souffle ou qu’il se met à pleuvoir. Le grand problème pour moi aujourd’hui, c’est d’être sans terre et sans abri, raconte-t-il avec émotion. Je me sens humilié : je ne suis pas seulement pauvre, je suis misérable.”

Prak Roath, 40 ans, connaît le même sort. Elle aussi garde les yeux braqués sur le fleuve, observant tristement les quelques piquets d’une maison qu’elle occupait il y a encore trois ans, aujourd’hui sous les flots. Les larmes aux yeux, elle raconte : “J’avais économisé environ 400 dollars pour acheter ce terrain et cette maison et enfin devenir propriétaire. J’ai pu y vivre pendant quatre ans seulement. Et maintenant, je suis de nouveau locataire. C’est injuste et profondément humiliant”. Pour cette mère de famille, cette érosion n’est pas uniquement l’œuvre de la nature : “Les vagues et les remous provoqués par les bateaux à moteur, de plus en plus nombreux, jouent un rôle à mon avis. Et de l’autre côté du fleuve, des compagnies ont commencé à creuser du sable”.


Yeay Pay, âgée de 63 ans, surnommée par les villageois “la grand-mère solitaire”, a elle aussi perdu son terrain. Aujourd’hui elle vit avec le strict minimum dans un minuscule abri recouvert d’une bâche de plastique que les voisins l’ont aidé à consolider. Dans une extrême précarité, Yeay Pach se refuse pourtant à quitter les lieux. “Je suis tout de même contente de vivre ici. Même si c’est la misère, il y a de la joie, de la vie, des enfants qui jouent, des voisins à qui parler. Je ne veux pas être enfermer dans une maison de briques dans laquelle on ne voit rien. Je veux mourir dans ce quartier. C’est le destin. Je ne suis pas révoltée contre ce sort.”

Une de ses voisines, âgée de 47 ans, enceinte de son neuvième enfant, est loin d’être aussi sereine. Elle loue pour vingt dollars par mois une petite maison, elle aussi menacée d’effondrement. “Chaque nuit, je cogite pour savoir comment et où déménager. Mais comment louer une maison en ville alors que je n’arrive même pas à payer le moins cher des loyers?”, questionne-t-elle
timidement.

Cette maman reçoit régulièrement l’aide de la Communauté des pauvres de Phal Andèt, dont Lon Thol est le chef. Mais les dons alimentaires ne résolvent en rien le problème de l’affaissement des berges. “228 familles sont membres de cette communauté, explique Lon Thol. Mais je ne sais pas combien ont été victimes de l’effondrement des berges… Tout ce que je peux dire c’est que, depuis 1979, des centaines de mètres ont été grignotés. Et le facteur principal d’appauvrissement dans ce village, c’est l’affaissement des terrains. S’il n’y avait pas ce problème, les gens auraient de quoi se nourrir. Mais maintenant, la plupart sont locataires et payent leurs loyers avec l’argent autrefois destiné à leur remplir l’estomac.” Face à l’indifférence des autorités, les membres de la communauté ont décidé de réagir : selon Lon Thol, ils songent aujourd’hui à se cotiser pour acheter un terrain collectif, comme certaines communautés l’ont déjà fait. Mais la tâche est loin d’être aisée pour des familles qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts.

Le chef du village, Khieu Chuong, reconnaît son impuissance face à ce problème. Il dit avoir alerté la municipalité. Celle-ci, bien que se disant préoccuppée du sort des 1 130 familles qui vivent là, a affirmé ne pas disposer de moyens suffisants pour résoudre un tel problème. “Chaque année, trente à quarante familles qui étaient propriétaires de terrains au bord de la berge deviennent locataires”, affirme le chef du village. Pour lui, il s’agit cependant d’un phénomène naturel, dû au tassement de l’île de Koh Pich, en face, et non à l’exploitation du sable par une société privée. La municipalité de Phnom Penh n’a en tout cas pas mené d’étude sur le sujet. Le vice-gouverneur Pa Socheatavong a promis aux villageois qu’après la construction d’un pont sur Koh Pich, la municipalité songerait à renforcer la berge de leur côté. Aucune date ne leur a toutefois été avancée. En attendant, dès la prochaine saison des pluies, une vingtaine de familles se retrouveront à nouveau sans terrain.

Ung Chansophea
CS 24-04-2007

Conflit foncier : violents affrontements entre habitants et policiers à Sihanoukville

L’expulsion vendredi d’une centaine de familles à Sihanoukville a dégénéré en violents affrontements. Deux policiers ont été grièvement blessés, une dizaine plus légèrement, et treize personnes ont été arrêtées.

Treize personnes ont été arrêtées vendredi à Sihanoukville pour coups et blessures volontaires après des violences qui ont éclaté lors de l’expulsion d’une centaine de familles installées illégalement sur un terrain privé.
Un Comité mixte placé sous la direction de deux vice-gouverneurs de Sihanoukville, Prak Sihara et Chev Kim Heng, a été chargé vendredi matin de faire appliquer un arrêté municipal ordonnant la démolition des maisons occupées par ces familles dans la zone de Spean Chhes, arrondissement de Mitapheap. Sur place, des habitants armés de couteaux, de lance-pierre, de bidons d’essence et de flacons d’acide attendaient les forces de police venues les expulser et s’y sont violemment opposées. Deux policiers ont été grièvement blessés et ont dû être hospitalisés tandis qu’une dizaine d’autres ont été blessés plus légèrement. Les habitants ont aussi manifesté leur colère en mettant le feu à plusieurs maisons. Les policiers ont interpellé treize individus, aussitôt placés en détention provisoire au bureau municipal pénal, et ont poursuivi la démolition des maisons encore sur pied.

L’opération visait à démolir 75 maisons construites sur un terrain de 18 hectares appartenant officiellement à une Phnompenhoise, Thing Ravy.

D’après Chan Chamrœun, enquêteur de l’ONG Adhoc à Sihanoukville, 170 personnes vivent désormais sans abri à la suite de cette intervention et ont installé des campements de fortune à proximité du terrain en question. “Les forces de l’ordre sont toujours déployées sur le terrain et les personnes victimes de cette expulsion, dont la plupart sont des pêcheurs, n’ont ni logement ni nourriture”, témoigne-t-il.

Le gouverneur de Sihanoukville Say Hak a affirmé que les autorités avaient préparé un autre terrain pour accueillir une dizaine de familles vivant autour de la zone de Spean Chhes. Aucune solution n’est cependant prévue pour celles qui étaient installées illégalement, a-t-il précisé.

En tant que vice-président de l’Autorité nationale en charge de la résolution des litiges fonciers, le député PSR Eng Chhai Eang a publié une lettre dans laquelle il “condamne ces violences et appelle les autorités municipales et le gouvernement à éviter toute sorte de violence dans la résolution des conflits fonciers” et pour privilégier des solutions pacifiques.

Ung Chamroeun
CS 23-04-2007

Les Français du Cambodge placent Sarkozy et Royal au coude à coude

Les Français du Cambodge ont voté dimanche pour l'élection présidentielle. Ségolène Royal est au coude à coude avec Nicolas Sarkozy, et Bayrou multiplie son score par sept par rapport à 2002.


Les résultats du vote des Français de l'étranger sont disponible sur www.diplomatie.gouv.fr

Nicolas Sarkozy à 31%, marqué à la culotte par Ségolène Royal à 30% sous le regard intéressé de François Bayrou qui vendra chèrement la sienne au 2e tour fort de ses 25,6% : difficile de prédire qui remportera l’élection présidentielle dans la communauté des Français établis au Cambodge. Traditionnellement à droite, les expatriés ont offert cette année à la candidate de gauche un score largement supérieur à la moyenne nationale au point qu’elle n’est distancée par son rival que de 7 voix sur 719 votants. Si Nicolas Sarkozy obtient quasiment le même résultat à Phnom Penh que dans l’Hexagone (31,1%), Ségolène Royal a elle davantage séduit sur les rives du Mékong avec 30% contre 25,8% à l’échelle nationale.Mais la véritable star du scrutin est sans conteste François Bayrou, qui réalise la progression la plus fulgurante de l’histoire de la Ve République avec 25,6% des voix contre un petit 3,5% en 2002. L’homme du centre a plus que septuplé son électorat en à peine 5 ans. Les expatriés de Phnom Penh offrent une caisse de résonance amplifiée à sa percée à l’échelle nationale où il a multiplié son score par 3 sur la même période en passant de 6,8% à 18,55%. A l’inverse, le vote des Français du Cambodge ne reflète pas l’effondrement du Front national qui a perdu un million de voix entre 2002 et 2007 à l’échelle nationale, et ce malgré une participation en forte hausse (84,6% contre 71,6% en 2002). Si Jean-Marie Le Pen est tombé de 4,8 millions de voix en 2002 (16,8%) à 3,8 millions cette année (10,5%), il progresse légèrement au Cambodge avec 4,9% des voix (35 bulletins) contre 4,7% lors de la dernière élection présidentielle. Son score reste donc largement inférieur à la moyenne nationale, comme dans toutes les communautés de Français établis à l’étranger, mais stable.Les Français du Cambodge ont été 719, sur 1402 inscrits, à se déplacer pour aller voter à l’ambassade, soit un taux de participation de 51,2%, légèrement supérieur aux 45,3% de 2002 (255 votants sur 562 inscrits). D’un point de vue général, la captation de l’électorat par les quatre principaux candidats au détriment des “petits” se vérifie aussi bien à Phnom Penh qu’à l’échelle nationale. L’affaiblissement des extrêmes observé en France semble indiquer que le vote des Français de l’Hexagone tend à se rapprocher de celui des Français de l’étranger, où le score du Front national et des partis d’extrême gauche a toujours été symbolique. Si vous voulez constituer autour de vous des confréries confidentielles pour prendre l’apéro entre gens de même sensibilité, sachez que 7 personnes ont voté Olivier Besancenot, 4 Marie-George Buffet, 23 José Bové, 14 Dominique Voynet, 9 Philippe de Villiers. Ce sera plus difficile pour l’unique électeur de Gérard Schivardi, de même que pour celui de Frédéric Nihous et d’Arlette Laguiller.

Soren Seelow
CS 24-04-2007

lundi 23 avril 2007

Soirée de bienfaisance au profit des jeunes cambodgiens à Torcy (Marne-la-Vallée, France)

TORCY : Soirée de bienfaisance
Le Lundi 23 avril 2007 @ 14:56:37

Le 5 mai au profit des jeunes cambodgiens.

Une soirée dansante aura lieu :

Le samedi 5 mai au « gymnase du vilet » près du stade de Torcy à partir de 19 heures

Voici le programme :

Danse et chant hip hop avec le groupe « lady’s connection » karaoké cambodgien danse traditionnelle et moderne

Cette soirée sera accompagnée d’un buffet cambodgien et d’une buvette vendue sur place et quelques plats vous seront offerts gratuitement.

Les organisateurs comptent sur votre présence et votre générosité pour venir nombreux à cette soirée qui permettra de trouver des fonds pour aider des jeunes à partir pour la première fois au Cambodge.

http://www.creusot-infos.com/article.php?sid=1973&thold=0

Coopération khméro-coréenne sur le développement du marché des valeurs du Cambodge

Un protocole sur le projet du rehaussement de la capacité pour le développement du marché des valeurs a été conclu le 12 avril à Phnom Penh.

On Poan Monyroath, secrétaire d’Etat cambodgien à l’Economie et aux Finances, et Kim Yong Pyo, représentant de l’Agence coréenne pour la coopération internationale ( KOICA) au Cambodge, ont signé le protocole.

Selon le communiqué du ministère cambodgien de l’Economie et des Finances du Cambodge, une aide non-remboursable de 1,8 millions de dollars est réservée pour la mise en application du projet pour une période de trois ans ( 2007-2009 ).

Cette aide répond au besoin concret du Cambodge, conformément à la stratégie du développement du domaine financier 2006-2015 avancée par le gouvernement royal du Cambodge.

Le but important du projet, a précisé le communiqué, est de rehausser la capacité des ressources humaines au Cambodge dans le domaine du marché des valeurs pour parvenir à créer la Commission des valeurs et des échanges du Cambodge et à mettre en place un marché des valeurs efficace et transparent.

La Corée organisera, a ajouté le communiqué, des formations au Cambodge et en Corée et des stages dans des pays de la région et accordera des matériels pour la formation dans le pays et pour le travail de la commission.

AKP 18-04-2007

Nouvel an: 50 morts et 511 blessés de la circulation routière

Chum Iek, secrétaire d’Etat aux Transports, a fait savoir que 50 morts et 511 blessés, dont 256 graves, avaient été enregistrés dans 270 accidents de route au cours des trois jours de congé du Nouvel an khmer, a rapporté Cambodge Soir.

Ces chiffres sont presque similaires chez l’ONG Handicap International Belgique qui participe à enregistrer chaque mois le nombre de morts et de blessés de la circulation. “Selon les informations obtenues auprès de la police, il y a eu dans le pays 270 accidents qui ont causé la mort de 54 personnes et blessé 496 personnes. Comparé à cette même période de l’an dernier, on constate que les accidents de route ont fait sept morts et dix blessés de plus”, a dit Sem Panhavuth, responsable de la banque de données des accidentés au sein de l’ONG.

AKP 20-04-2007

Des vautours bruns trouvés à Stung Trèng

Des vautours bruns, espèce d’oiseau menacée de disparition, ont été trouvés au Cambodge.

Tan Sokha, chef du projet de conservation des animaux sauvages de l’Organisation WCS, a fait savoir le 10 avril que lors de leur mission, ses agents ont trouvé les nids de vautours bruns dans la zone du lac Tonlé Sap de la province de Stung Trèng. Les spécialistes en la matière estiment que de 50 à 60 vautours bruns vivent dans cette zone.

Ils notent qu’à part le Cambodge, ces oiseaux existent aussi, mais très peu, en Inde et au Népal.

AKP 20-04-2007

La FAO recommencera ses activités au Cambodge

L'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) va reprendre ses aides vivrières et alimentaires d'une valeur de 10 millions de dollars pour les Cambodgiens touchés par les maladies, calamités naturelles et incendies.

A partir d'avril, la FAO fournira des vivres et des produits alimentaires à 750 000 Cambodgiens, dont 18 000 personnes atteintes de tuberculose, 70 000 sidéens et 550 000 élèves pauvres.

Selon un officiel de la FAO, il s'agit de la reprise des aides au Cambodge après deux mois d'interruption à cause d'un manque de fonds.

AKP 20-04-2007

Le prochain rapport de la Banque mondiale replace l’agriculture au cœur de la croissance

Selon le quotidien français Le Monde, le prochain rapport annuel de la Banque mondiale marque un tournant majeur. Il appellerait à une augmentation massive des aides publiques dans l'agriculture.

La Banque mondiale serait-elle en train d’opérer un virage idéologique? C’est ce que laisse entendre le quotidien français Le Monde, qui publie dans son édition de vendredi des extraits de la version provisoire du prochain rapport mondial annuel de l’institution, le “World development report 2008”, à paraître en septembre. Selon le journal, “pour la première fois depuis 1982, ce rapport qui oriente la stratégie de la Banque mondiale se concentre sur l’agriculture”, grande oubliée des politiques de développement, des gouvernements comme des bailleurs de fonds. Il appelle sans détour les Etats à augmenter de façon significative leurs aides publiques au secteur agricole, ce qui peut apparaître comme un infléchissement notable du credo traditionnellement néo-libéral de la Banque mondiale.

Constatant que les trois-quarts des pauvres des pays en voie de développement sont des ruraux - 2,1 milliards d’individus vivant avec moins de 2 dollars par jour, soit un tiers de l’humanité - la BM professe désormais que l’hyperfocalisation sur l’industrialisation est dépassée, et que l’agriculture “est une source hautement efficace de croissance”. Regrettant les “sous-investissements” publics dans ce secteur et le fait que “les bailleurs ont tourné le dos à l’agriculture”, le rapport estime que cet “abandon” a eu des “coûts élevés pour la croissance, le bien-être et l’environnement”.

Depuis 1980, la part de l’agriculture dans les dépenses publiques a diminué partout dans le monde, mais c’est en Asie que cette chute est la plus forte (de 8% à 2,7%). Or c’est “dans les pays où l’agriculture est la plus vitale que les Etats tendent à être les plus faibles”. Longtemps prêtresse des dérèglementations en tout genre, la BM explique sa nouvelle ligne par une prise de conscience des nouvelles menaces économiques, alimentaires et environnementales qui menacent la planète. Le journal cite un des auteurs principaux du rapport expliquant : “On s’est clairement placé au-delà du consensus de Washington (1), parce que la pauvreté n’a pas reculé, et que maintenant il y a l’urgence de l’environnement.”

“On a oublié le développement rural”
Le directeur de l’Institut économique du Cambodge, Sok Hach, partage le constat du prochain rapport de la BM. “La Banque mondiale et les bailleurs n’ont pas accordé assez d’importance à l’agriculture. Les aides au développement sont quasiment insignifiantes dans ce secteur”, explique-t-il. “La BM et le FMI soutiennent depuis toujours les ‘ajustements structurels’ visant à accroître la capacité de l’administration publique. C’était nécessaire au Cambodge pour assurer la transition d’une économie planifiée à une économie de marché, mais on a oublié le développement rural”, dont dépend près de 80% de la population. Rappelant que l’objectif des “ajustements structurels” est de bâtir une administration forte et transparente, Sok Hach questionne l’efficacité de cette politique au Cambodge : “Est-que ça a marché? Existe-t-il un Etat au Cambodge?”, s’interroge-t-il.

Abondant dans le sens de la BM, il estime qu’une plus grande intervention de l’Etat dans le secteur agricole n’aurait rien d’une hérésie anti-libérale : “L’agriculture, comme tous les secteurs, ne peut survivre sans aide publique. L’aide publique est énorme dans la confection, à travers les exonérations de taxes...”, rappelle-t-il. S’il est favorable à l’orientation de cette première version du rapport mondial de la BM; Sok Hach reste prudent : “Ce sont des déclarations. ce qui comptent, ce sont les actes. Les donateurs s’intéresseront-ils pour autant à l’agriculture?”

Soren Seelow
CS 23-04-2007

Remarques sur les résultats des élections françaises du 22 avril 2007

Paris, le 22 avril 2007
23h55

Remarques sur les résultats des élections françaises du 22 avril 2007 et comparaisons avec les élections cambodgiennes du 1er avril 2007

I - S'il n'y avait pas eu manipulation des listes électorales, discrimination politique dans les préparations, tracasseries administratives et problèmes de tous genres créés par les autorités pour empêcher d'innombrables citoyens d'aller voter, le taux de participation au Cambodge n'aurait pas été de 65%, mais au moins de 85% comme dans les années antérieures dans notre pays (96% en 1993, 94% en 1998, 87% en 2002, 83% en 2003) et comme en France aujourd'hui.

II - Parce qu'il contrôle l'appareil de l'Etat et dispose de moyens importants pour surveiller et quadriller la population, le PPC a pu mobiliser tous ses supporters pour aller voter. Pour ses supporters qu'il connaît bien par le biais des chefs de village, le PPC a réglé tous les problèmes administratifs liés aux élections. En revanche, ceux qu'il identifie comme n'étant pas ses supporters sont laissés dans le noir et même volontairement induits en erreur pour qu'ils ne puissent pas voter.

III - On peut noter très clairement que plus le taux de participation est faible à cause de la discrimination politique, plus le pourcentage des voix obtenues par le PPC est élevé. Cette corrélation inverse peut être observée dans l'espace comme dans le temps:
1- Dans l'espace, pour les élections du 1er avril 2007: Sur les 1621 communes, celles où le PPC a enregistré les plus forts progrès au détriment de l'Opposition sont précisément celles où le taux de participation est tombé le plus bas (comme à Poipet avec un taux de participation inférieur à 30% ou à Phnom Penh avec un taux de participation de l'ordre de 50% seulement). En revanche, là où le taux de participation est resté relativement élevé, les scores de l'Opposition ont été très bons, faisant reculer le PPC par endroits, et cela d'une manière très nette dans les 28 communes conservées ou conquises par l'Opposition.
2- Dans le temps, en comparant les élections de 1993, 1998, 2002, 2003 et 2007: En 14 ans, le taux de participation a baissé de 94% à 65% . Dans le même temps, le pourcentage des voix obtenues par le PPC a monté au plan national de 38% à 61%.

IV- Les démocrates cambodgiens doivent faire le maximum pour remobiliser l'ensemble de l'électorat en 2008 en exigeant des élections plus libres et plus transparentes, ce qui nécessite une meilleure préparation depuis maintenant en coopération avec les pays donateurs et le PNUD (qui coordonne l'assistance internationale au plan électoral).
V - En ce mois d'avril 2007, le score obtenu par Ségolène Royal est du même ordre que celui obtenu par le PSR: 25%.

Sam Rainsy

samedi 21 avril 2007

[Vidéo] Confrontation entre les bonzes dans la rue de Phnom Penh



Les jeunes moines pro-gouvernement de Phnom Penh ont choisi la provocation pour empêcher les moines du Kampuchea Krom de manifester pacifiquement.

Vendredi 20 avril 2007

vendredi 20 avril 2007

Trois moines blessés à Phnom Penh

Trois moines bouddhistes cambodgiens ont été blessés vendredi lors d'une manifestation des bonzes Khmers krom à Phnom Penh, ont rapporté des témoins. Une quarantaine de moines ont tenté de remettre à l'ambassade du Vietnam une lettre dénonçant l'attitude du gouvernement Hanoï envers la minorité cambodgienne et les atteintes aux libertés religieuse dans ce pays. Ils ont été repoussés par les forces cambodgiennes anti-émeute et se sont alors rendus devant le palais royal, puis devant l'ambassade des Etats-Unis, où des échauffourées se sont produites.

Manifestation des bonzes khmers krom