L’expulsion vendredi d’une centaine de familles à Sihanoukville a dégénéré en violents affrontements. Deux policiers ont été grièvement blessés, une dizaine plus légèrement, et treize personnes ont été arrêtées.
Treize personnes ont été arrêtées vendredi à Sihanoukville pour coups et blessures volontaires après des violences qui ont éclaté lors de l’expulsion d’une centaine de familles installées illégalement sur un terrain privé.
Un Comité mixte placé sous la direction de deux vice-gouverneurs de Sihanoukville, Prak Sihara et Chev Kim Heng, a été chargé vendredi matin de faire appliquer un arrêté municipal ordonnant la démolition des maisons occupées par ces familles dans la zone de Spean Chhes, arrondissement de Mitapheap. Sur place, des habitants armés de couteaux, de lance-pierre, de bidons d’essence et de flacons d’acide attendaient les forces de police venues les expulser et s’y sont violemment opposées. Deux policiers ont été grièvement blessés et ont dû être hospitalisés tandis qu’une dizaine d’autres ont été blessés plus légèrement. Les habitants ont aussi manifesté leur colère en mettant le feu à plusieurs maisons. Les policiers ont interpellé treize individus, aussitôt placés en détention provisoire au bureau municipal pénal, et ont poursuivi la démolition des maisons encore sur pied.
L’opération visait à démolir 75 maisons construites sur un terrain de 18 hectares appartenant officiellement à une Phnompenhoise, Thing Ravy.
D’après Chan Chamrœun, enquêteur de l’ONG Adhoc à Sihanoukville, 170 personnes vivent désormais sans abri à la suite de cette intervention et ont installé des campements de fortune à proximité du terrain en question. “Les forces de l’ordre sont toujours déployées sur le terrain et les personnes victimes de cette expulsion, dont la plupart sont des pêcheurs, n’ont ni logement ni nourriture”, témoigne-t-il.
Le gouverneur de Sihanoukville Say Hak a affirmé que les autorités avaient préparé un autre terrain pour accueillir une dizaine de familles vivant autour de la zone de Spean Chhes. Aucune solution n’est cependant prévue pour celles qui étaient installées illégalement, a-t-il précisé.
En tant que vice-président de l’Autorité nationale en charge de la résolution des litiges fonciers, le député PSR Eng Chhai Eang a publié une lettre dans laquelle il “condamne ces violences et appelle les autorités municipales et le gouvernement à éviter toute sorte de violence dans la résolution des conflits fonciers” et pour privilégier des solutions pacifiques.
Ung Chamroeun
CS 23-04-2007
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